Un avion sans elle (Michel Bussi)

Une enquête diabolique aux twists multiples . 14.5/20

Synopsis :

A la suite d’un crash d’avion dans le Jura la veille de Noël 1980, un bébé est retrouvé vivant parmi les décombres. Le problème, c’est que le nourrisson de deux mois est le seul survivant du drame et que deux familles ont reconnu leur petite-fille. S’ensuit alors une guerre judiciaire et médiatique entre la riche famille des De Carville et les modestes Vitral pour savoir qui de Lyse-Rose ou d’Emilie a survécu. Crédule Grand-Duc, le détective privé chargé d’enquêter sur la véritable identité de l’enfant semble avoir une révélation la veille des 18 ans de « Lylie », mais meurt assassiné…

Critique :

La force de ce roman réside dans sa double-intrigue. Celle de fond est l’histoire de Lylie et l’enquête sur sa véritable identité. Elle nous est racontée au travers d’un journal rédigé par Crédule Grand-Duc, le détective privé mandaté par la famille De Carville. Ce cahier est lu par le frère de Lylie, Marc Vitral et l’on découvre l’intrigue à travers sa lecture du passé. La seconde intrigue est située dans le présent et concerne d’une part Lylie qui est sur le point de commettre un crime et la mort suspecte de Grand-Duc. Cet aller-retour permanent entre le passé et le présent accélère considérablement le rythme de l’histoire. C’est ce qui fait que l’on n’en décroche pas et que l’on veut à tout prix découvrir la suite du passé comme du présent, le tout inextricablement lié.

L’histoire est également servie  par ses personnages forts. Des modestes Vitral, véritablement maudits par la vie mais luttant coûte que coûte, aux riches et arrogants De Carville, tous ont une psychologie intéressante donnant de l’ampleur à l’intrigue. La relation la plus étrange étant sans nul doute celle liant Lylie et son frère Marc. S’aimant d’un amour plus fort et plus douloureux que celui liant un frère et sa sœur. Le personnage le plus déjanté revient à Malvina De Carville. Fille aînée de la famille, que la tragédie a rendue cruelle et très malsaine.

Enfin, la restitution de l’époque de l’histoire est bien écrite. En effet, le début des événements se passe à l’aube des années 1980. Et à l’époque, pas de test ADN, de téléphone portable ou d’internet pour mener l’enquête !

Un avion sans elle plaira à tous les amateurs de polar, aimant résoudre les enquêtes policières, surtout les plus originales. Une histoire haletante qui ne laisse aucun répit au lecteur ! Par ailleurs, les péripéties ont principalement lieu en Normandie et en région parisienne. Des endroits auxquels tout français peut facilement s’identifier.

Si vous aimez les histoires linéaires et n’appréciez pas les mises en abyme (les histoires dans l’histoire), ou les allers-retours passé/présent, passez votre chemin ! Une question concernant la narration m’a aussi troublée, à savoir, pourquoi Lylie est-elle si peu présente dans le roman ? Bien qu’au centre de toute l’histoire, on entend très peu sa voix…

En résumé, Un avion sans elle est un polar original et bien ficelé dont il est difficile de décrocher avant d’avoir lu la fin. Globalement bien écrit, il y a cependant quelques détails qui m’ont fait tiquer pendant la lecture (certaines références culturelles ainsi que le côté spectateur). Au final, il s’agit là d’un très bon divertissement !

Auteur :

Michel Bussi est né en Normandie le 29 avril 1965, où il étudie la géographie et la politique. Alors qu’il occupe un poste de professeur de géographie à l’université de Rouen, il se lance dans l’écriture à l’âge de 25 ans. Ses premiers écrits se voient rejetés par les maisons d’édition. Il faudra attendre Code Lupin en 2006 pour une première publication. Un avion sans elle est son 6e roman, sorti en 2012. Il a reçu de nombreuses récompenses. Dont le Prix de la Maison de Presse 2012 et le Prix du Meilleur Polar Francophone 2012.

Le détail :

Chaque voyage dans le temps est horodaté. Ainsi l’histoire tient principalement entre ces deux dates : 29 septembre 1998, 23h40 et 4 octobre 1998, 08h14. Ces indications rythment donc la lecture, mais aident surtout le lecteur à se trouver dans le bon cadre spatio-temporel !

La parenthèse :

Le titre du roman « Un avion sans elle », résume évidemment l’intrigue de l’histoire. Mais fait également référence à la chanson « Un avion sans ailes » écrit par Charlélie Couture en 1981. On retrouve d’ailleurs plusieurs références à ce morceau de musique française tout au long de l’histoire. C’est à partir de cette chanson que le surnom de Lylie est trouvé : libellule.

MassCritics
L’avez vous lu? Qu’en avez vous pensé? Votre note?
Page Facebook : Masscritics
Page Instagram : Masscritics

2 pensées sur “Un avion sans elle (Michel Bussi)

  • 1 octobre 2018 à 5:57
    Permalink

    Il est dans ma PAL. Je vais pouvoir découvrir cet auteur. Je viendrai donner mon avis quand je l’aurai lu

    Répondre
    • 15 octobre 2018 à 1:38
      Permalink

      Bonne lecture et n’hésite pas à nous donner ton avis par la suite.

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *