Une affaire comme les autres (Pasquale Ruju)

« A l’italienne » 18/20

Le synopsis

L’histoire d’Une affaire comme les autres se déroule en Italie et commence par l’audition d’Annamaria. On comprend dès les premières lignes qu’elle vient de perdre son mari. D’ailleurs, le ton de l’interrogatoire donné par la procureure, Sylvia Germano ne laisse planer que peu de doutes sur le fait qu’il soit reproché quelque chose à la veuve.

Toute l’histoire se déroule ensuite, en presque huis-clos, sur l’interrogatoire mené par la procureure adjointe et par des flash-back de la vie d’Annamaria. Son mari, Marcello Nicotra, dès les premiers éléments développés, semble en effet appartenir à une organisation mafieuse.
L’enquêtrice ne laisse aucun répit à la veuve, « a-t-elle tué son mari ?, comment en est- elle arrivée là ? Est-elle au courant de qui était Marcello ?… »

Au fil des questions, les éléments se mettent en place et l’histoire du couple prend progressivement forme, dans une atmosphère pleine de secret et au-dessus de laquelle on sent la mafia planer à chaque page. Haine et amour, fidélité et secrets bien gardés, se mêlent et s’enchevêtrent dans une histoire qu’au final, on suspecte de ne pas tellement être comme les autres.

La critique

Une affaire comme les autres m’a illico plongée dans une ambiance sombre au parfum de mafia italienne. Le cadre fermé de la salle d’interrogatoire, les nombreux retours en arrière dans la vie d’Annamaria… Dès les premières pages, l’auteur réunis tout les ingrédients pour maintenir le lecteur en éveil et lui donner envie d’en savoir toujours plus.

L’auteur à parfaitement rendu les odeurs et les couleurs de l’Italie, la loi du silence et du respect des ainés et de celui de la hiérarchie stricte dans le système de la mafia, avec les décisions parfois dure voire impossible que le « clan » demande à ses membres,…

Les personnages sont tous très bien dépeints, profonds, très riches et surtout parfaitement réalistes. Certains passages sont durs. D’autres assez émouvants. Au final, je me suis prise à déguster ce plat littéraire parfaitement assaisonné avec délice et volupté. Tout y est: les arômes du secret, les épices de l’intrigue, on voyage, on savoure et…on en redemande. Très peu de descriptions des paysages mais une telle ambiance que je me suis sentie emmenée avec les personnages tout au long de l’histoire.

Par ailleurs, l’écriture est, elle aussi, très belle et sans fausses notes. La fluidité et le rythme proposés étant justes à la hauteur de l’histoire proposée. En outre, les émotions d’Annamaria sont rendues avec une telle justesse qu’à certains moments, je me suis demandée si l’auteur n’avait pas connu la veuve suspecte.

Un vrai coup de cœur pour ce roman qui ne se laissera pas de vous surprendre.

L’auteur

Surprise car, contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lecture d’Une affaire comme les autres et au vue de  la finesse avec laquelle sont décrites les deux « héroïnes », il s’avère que l’auteur est un homme. Italien, il est âgé de 57 ans.

Diplômé d’architecture, il est également acteur, réalisateur et scénariste. Il a participé à l’écriture du scénario d’une vingtaine de bandes dessinées italiennes (Tex principalement ainsi que Dylan Dog, dont deux albums seront traduit en français). Il reçoit d’ailleurs le prix Cartoomics en 2004. Auteur de trois romans, Une affaire comme les autres (Denoël) est son premier traduit en français (également le premier qu’il ait écrit).

L’auteur dispose de sa page internet (en Italien) mais reste très discret sur sa vie privée. Les seules informations filtrantes sont directement liée à son travail de scénariste et à ses productions littéraires.

Le détail

La couverture est très originale. Epurée elle est néanmoins très représentative du roman. En effet, elle donne à la fois le ton (rouge sang caillé) et l’ambiance à huis clos se déroulant entre les deux femmes au centre de l’histoire.
Elle donne envie d’aller plus loin et d’en savoir plus. Personnellement, elle a fortement attiré mon regard et mon intérêt avant même de commencer la première page du roman.

La parenthèse

Alors, surtout, ami lecteurs, ne lisez pas la quatrième de couverture. Ou du moins les avis des critiques. S’ils sont très bons (et je les rejoins totalement), ils m’ont quelque peu spoilé la fin, me mettant sur une piste que j’aurais préféré ne pas avoir.

J’espère qu’en vous mettant en garde, vous n’aurez pas l’attitude rebelle d’aller lire au préalable les « mises en bouches » de la quatrième. Mais si vous le faites tout de même…. vous aurez malgré tout un bon moment de lecture, tel que j’ai pu l’avoir.

Marie Pour MassCritics

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