Une braise sous la cendre (Sabaa Tahir)

« Dans la famille des romans dystopiques pour ados je voudrais… » 13/20

Le synopsis:

L’histoire se déroule dans l’Empire, qui était autrefois partagé entre les Érudits, détenteurs du savoir et les Martiaux, obéissant à l’Empereur. Mais ces derniers ont pris le pouvoir et oppressent avec violence les premiers. On suit ainsi les destins croisées de Elias, guerrier « Masks » surentraîné à suivre les ordres de l’Empire mais dont le mal être face aux exactions de celui-ci le pousse à désirer une autre vie, et Laïa une Érudite forcée de devenir une esclave suite à la mort de tout ses proches, à l’exception de son frère qu’elle espère sauver en s’alliant aux rebelles, en secret.

La critique:

Le détail qui frappe lorsque l’on a ce roman en main c’est sa couverture, sombre et majestueuse à la fois, qui colle bien à l’ambiance qui se dégage lors de la lecture. En effet, malgré des maladresses, l’histoire jouit d’une ambiance aride et presque oppressante. Cette impression n’est que renforcée par le style nerveux de l’auteur.

Par ailleurs, la narration se fait au présent. Cela donne une sensation d’instantanéité, comme si tout se déroulait très vite. On ne s’attarde pas vraiment sur les détails, ici point de longues descriptions des lieux, ou des personnages, mais finalement le fait que le récit soit épuré est agréable : on va au cœur du scénario assez rapidement et du coup on ne s’ennuie pas lors de la lecture. Concernant la narration au présent, cela à donné lieu lors de la traduction à des tournures de phrases qui, si elles sont correctes du point de vue de la langue française, ne sont pas très heureuses parfois. Il y a aussi des expressions maladroites et quelques répétitions. Le style n’est donc pas époustouflant. Il suffit néanmoins à conduire le lecteur là où il doit aller et à suivre avec plaisir les péripéties qui attendent les deux héros.

On suit donc Elias et Laïa. Deux personnages aux  psychologies différentes qui évoluent beaucoup au cours du récit. Je me suis plus attachée à Elias, et c’est ce qui ressort globalement des autres critiques de ce livre. Mais le deuxième protagoniste n’en reste pas moins prometteur. Je fais référence aux autres critiques de ce livre car il semble déjà jouir d’une certaine notoriété.

Or, dans celles-ci, pour la plupart dithyrambiques, l’argument de l’univers « original » et « profond » revient assez souvent. Il apparaît que le monde crée par l’auteur n’est en réalité pas si nouveau que ça. Il est question de « districts », « d’Érudits et de Martiaux », cela n’est pas sans rappeler Hunger Games ou encore Divergente. Quant à l’idée de guerriers surentraînés aux arts du combat, on peut penser aux Mercenaires du Chaos de Pierres Bottero, ou même aux Siths dans un autre registre ! Et il y a beaucoup d’exemples comme ceci, donc pas de grosses surprises. 

Il est parfois difficile de se renouveler dans un genre comme la fantasy. Ainsi plutôt que de parler d’un univers totalement novateur et brillant par son inventivité, préférons plutôt estimer qu’il s’agit là de quelques chose de bien calibré pour plaire à un public jeune (plutôt des lycéens, car la violence et le rapport au désir sexuel sont assez présents.) sans qu’ils ne soient assommés par les considérations géopolitiques d’un monde inventé, ce qui serait pour le coup plus profond certes, mais peut être aussi moins attractif.

Ainsi, Une braise sous la cendre se place dans la lignée des romans dystopiques visant clairement un public adolescent. Mais je le recommande aussi aux lecteurs plus âgés qui ne bouderont pas leur plaisir de lecture, sous réserve d’être indulgent, l’histoire restant assez addictive. 

L’auteur:

Sabaa Tahir est une auteure américaine qui a grandit en Californie où elle vivait dans l’hôtel tenu par ses parents. Lorsqu’elle était jeune, elle était fan de fantasy. Elle a commencé à écrire Une braise sous la cendre (PKJ) alors qu’elle travaillait de nuit pour un journal.

Il s’agit de son premier roman.

Le détail:

Comme dit précédemment, certaines thématiques rythment le récit. Celles-ci le rendent un peu plus cru peut être que d’autres romans jeunesses. Il y a la violence et la torture, mais aussi le désir amoureux et… physique. Aussi, le roman nous gratifie non pas d’un, mais bien de deux triangles amoureux. Cela pourrait être rédhibitoire pour certains et donne tout de même quelque chose d’assez artificiel. Heureusement, l’auteure parvient à doser les scènes. En effet, elle ne nous impose – pour l’instant – pas tant que ça ces sous intrigues amoureuses.

La parenthèse: 

Le résumé de la version française du livre nous explique que, depuis l’arrivée au pouvoir des Martiaux, lire et écrire sont devenus des activités interdites. Par la suite, on ne soulèvera que peu cette interdiction. C’est bien dommage, car cela aurait apporté du relief à l’histoire.

Dans ce thème, je ne saurais que trop vous conseiller Fahrenheit 451 de Ray Bradbury. C’est une véritable référence, qui, pour le coup, revient aux canons de la dystopie. Dans ce roman les livres sont interdits et brûlés lors de grands autodafés. Il existe aussi La brigade de l’œil par Guillaume Guéraud. Celui-ci est plus récent et plutôt tourné lui vers un public jeunesse. Il y est question de l’interdiction des images et des films.

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