Une confession (John Wainwright)

Confidences au coin du feu. 17/20

Le synopsis

Une confession : John Duxury, un riche cinquantenaire bien assis dans sa vie matérielle, souffre de sa situation sentimentale. Marié depuis des années avec Maud, dont il a eu un fils, il trouve difficilement sa place dans sa vie extra-professionnelle. Il trouve une sorte d’exutoire dans la rédaction d’un journal intime, qu’il adresse secrètement à son fils, pour le jour où il ne sera plus.

Déboires, castration de la part de sa femme, manque d’amour, ennui, tristesse, John partage tout ce qu’il vit difficilement et n’arrive pas à verbaliser dans la vraie vie. Une crise de couple de plus et son fils lui conseille de partir en week-end avec son épouse, afin de pouvoir retrouver du temps à deux. 

Le début du séjour semble se passer idéalement, jusqu’à une prise de bec avec un autre vacancier, Benjamin Foster, peu soucieux des règles de bienséance et jusqu’à ce qu’une fois de plus, Maud le repousse. Une petite balade au bord d’une falaise semble une activité propice à découvrir le superbe coin choisi pour ce week-end  en amoureux mais le drame arrive. Maud chute du haut de la falaise et se tue quelques dizaines de mètres plus bas, face à la mer.

John semble sous le choc, dévasté et comme déconnecté de lui-même, il couche sur papier les mots qui ne lui viennent une fois de plus pas à la bouche. Jusqu’à ce que Benjamin Foster se rende au commissariat quelques jours plus tard. Lui et sa femme n’ont pas la même version du décès de Maud dont ils ont été les témoins par hasard. L’inspecteur Harry Harker est alors chargé d’enquêter sur cette seconde version troublante. 

La critique

Le bandeau de couverture rédigé par Georges Simenon promettait une ambiance sombre, douce et brumeuse à la Maigret. Un peu craintive à l’idée de cette lenteur annoncée, j’ai pourtant été happée dès les premières pages par ce roman hors du commun et extrêmement addictif.  Les narrateurs se succèdent, alternant entre les différents protagonistes sous forme de récit ou de passage du journal intime de John. L’écriture est fluide et malgré le ton posé, aucune longueur ni passage de trop. Le lecteur se retrouve totalement enveloppé de cette atmosphère de secret, de tristesse, de vie ratée du narrateur principal qui semble aussi effacé qu’une brume en fin de matinée.

On peut se demander également à plusieurs reprises comment John fait pour supporter aussi placidement cette vie sans éclat et presque sans bonheur. Comment peut-il accepter la vie terrible que semble lui faire vivre son épouse ? Il risquerait même par moment de devenir exaspérant de fadeur. Et pourtant, l’auteur nous conduit avec brio au fil de la lecture et vient toujours ajouter au bon moment un petit détail, une petite brise de fraîcheur et de doute qui maintient le doute et l’intrigue.

Un vrai bon moment de lecture qui  m’a happée et que je vous invite à découvrir au plus vite.

L’auteur

John Wainwright a écrit plus de 80 livres, mêlant romans, nouvelles, deux autobiographies et plusieurs saga policières. Plusieurs de ceux-ci ont été adaptés à l’écran. Il a notamment écris sous le pseudonyme de Jack Ripley

Décédé en 1995, à l’âge de 74 ans, il a auparavant mené une vie bien remplie, contrairement au personnage de son roman Une confession. A côté de l’écriture, il a été successivement aviateur (durant la seconde guerre mondiale),  agent immobilier, policier et ce tant en Angleterre (son pays d’origine) qu’en Afrique. Il aura écrit toute sa vie et décède quelques mois après la parution de son dernier roman. 

Le détail 

La couverture, sombre et mystérieuse à souhait, relève parfaitement l’ambiance feutrée et prenante du roman. En résonance parfaite avec le titre du livre, elle ne pouvait illustrer mieux l’histoire déroulée au fil des pages. 

La parenthèse 

Le bandeau de couverture, reprend un avis du grand Georges Simenon qui nous invite lui-même à ouvrir le roman. Au terme de la lecture, il s’avère que ce conseil était très judicieux et que l’on comprend combien l’auteur de Maigret a été conquis par Une Confession dont le titre original était « Cul de sac » car oui, le roman présent (chez Sonatine) est une réédition de la version initiale, écrite en 1984.

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