Une présence dans la nuit (Emily Elgar)

Vie parfaite ou parfait mensonge ?

Le synopsis:

Une infirmière : Alice. Un homme atteint du syndrome de l’enfermement : Frank. Une jeune femme percutée par une voiture : Cassie. Qui a tenté de tuer Cassie ? Franck entend tout, Alice mène l’enquête… Fauchée par un automobiliste, Cassie Jensen, jeune artiste peintre, est plongée dans le coma, en unité de soins intensifs. Alice Taylor, l’infirmière en chef du service s’interroge…que cache ce regard crispé, ce corps, autrefois alerte, qui gît à la merci de tout danger ? Franck le sait, lui…il observe, il comprend, il sait que Cassie est en danger, elle et son enfant à naître…oui, mais Franck est immobile ; il peut seulement bouger ses paupières au prix de bien des efforts ! Réussira-t-il à sauver Cassie ?

La critique: 

Une présence dans la nuit  est un thriller psychologique captivant et addictif… Je l’ai lu d’une traite. C’est un scénario à suspense prégnant et tenace qui ne vous lâche plus jusqu’à la chute finale. Emily Elgar met en scène trois protagonistes – une victime, un témoin, et une infirmière « enquêtrice » – que l’on suit en alternance au fil des chapitres, chacun avec son point de vue, sa vision, son ressenti du moment, en fonction de ses capacités physiques et intellectuelles.

La victime, Cassie Jensen, est une jeune artiste peintre orpheline, qui vient de se marier à Jack, qui éprouve un amour fusionnel pour sa mère. Cassie, enceinte, est plongée dans le coma après avoir été renversée par un automobiliste « anonyme ». Son pronostic vital reste incertain, mais l’équipe médicale, et surtout, Alice Taylor, l’infirmière en chef du service de soins intensifs, met tout en œuvre pour la maintenir en vie et faire en sorte que la grossesse arrive à terme. D’autant plus qu’Alice, ne peut avoir d’enfant et rêve de fonder une famille. C’est peut-être ce qui va la pousser à distinguer les petits détails qui la choquent dans les rapports familiaux et filiaux entre Jack et sa mère.

Le témoin, Frank, hospitalisé dans la même unité de soins intensifs que Cassie, est atteint du syndrome d’enfermement, suite à un accident vasculaire cérébral, lié à son alcoolisme à outrance. C’est un homme bourré de remords, de regrets, d’amertume envers la vie et surtout lui-même, mais un homme bienveillant, qui s’est pris d’affection pour Alice qui le lui rend bien. Franck est parfaitement conscient de tout ce et ceux qui l’entourent mais reste immobile, complètement paralysé. Il entend tout. Témoin auditif bien malgré lui de certaines révélations, comment les exprimer quand on ne peut que cligner les paupières ?

L’auteur rend hommage de façon touchante au handicap qui loin d’être un fardeau inutile peut s’avérer salvateur… L’infirmière, Alice Taylor, exerce son métier avec beaucoup de méticulosité et prend à cœur le bien-être corporel et moral de ses patients. Elle est persuadée que Frank va récupérer progressivement et ressent un lien émotionnel avec Cassie au point de tenter d’élucider les circonstances de son accident.

Emily Elgar tresse et imbrique intelligemment et habilement les trois volets de cette histoire, avec émotion, sensibilité, sans voyeurisme, et toujours dans la pudeur. Le tout en conservant un suspense et des rebondissements inattendus pour dérouter le lecteur et le tenir en haleine jusqu’au bout. Si vous aimez connaître et dénicher le coupable dès les premières lignes, il va vous falloir attendre un peu avant d’y arriver…mais en ce qui me concerne, c’est ce genre d’attente qui me fait aimer un livre…et vous ?

Personnellement, j’ai trouvé les personnages attachants de par les drames individuels qu’ils vivent chacun à leur niveau, sans tomber dans le pathos. Frank est particulièrement attachant dans son syndrome d’enfermement et on attend qu’une chose, c’est qu’il réussisse à s’en sortir. On voudrait le féliciter du moindre progrès obtenu et l’encourager à poursuivre ses efforts. En fait, le thriller psychologique se conjugue avec un scénario dramatique. C’est la combinaison des deux qui rend ce récit particulièrement convaincant et addictif. Une vraie découverte pour un premier roman.

L’auteur:

Originaire des Costwolds, Emily Elgar est diplômée de l’université d’Édimbourg où elle a étudié l’anthropologie sociale. Elle a été rédactrice de guides de voyage, conseillère pour les travailleuses du sexe à Londres, organisatrice de manifestations en faveur du développement durable… Une présence dans la nuit (Belfond)  est son premier roman, très remarqué en Angleterre. Elle écrit : « Écrire une histoire, c’est comme une relation de merde, on donne de l’amour, du temps et de l’énergie et quand ils ont fini, ils disparaissent dans l’éther »

Le détail:

Cette intrigue est basée sur une idée aussi brillante qu’astucieuse : faire parler un patient sans voix, sans mot, sans son, en silence. Un roman qui vous fera vous demander ce que les autres pensent vraiment de vous, de la vie, en général.

La parenthèse:

Si vous aimez les thrillers psychologiques à suspense de Clare Mackintosh, vous adorerez Une présence dans la nuit d’Emily Elgar.

Murielle Trouve de MassCritics

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