Une vie entre deux océans (M. L. Stedman)

Une histoire forte et bouleversante, une belle réussite. 16.5/20

Synopsis :

Tom est un rescapé de la première guerre mondiale et aspire à une vie paisible. L’occasion se présente lorsqu’on lui propose le poste de gardien de phare à Janus Rock. Une petite île déserte au sud-ouest de l’Australie. La solitude pense ses plaies, mais Isabel entre dans sa vie et enchante son quotidien en devenant sa femme. Seule ombre au tableau, Isabel n’arrive pas à avoir d’enfants. Un jour, une barque s’échoue sur leur île. A son bord, un cadavre et un bébé, bien vivant.

Critique :

Une vie entre deux océans est un drame puissant, dont l’histoire n’est pas sans rappeler le jugement de Salomon ou encore Un avion sans elle. Tout d’abord, il y a la découverte d’un mode de vie, d’une époque et d’une région assez méconnus. L’auteur réussit sobrement à nous initier au métier de gardien de phare. Phare qui bien plus qu’un décor a son propre rôle, sa propre symbolique au sein du roman. Cette vie nous est difficilement concevable à notre époque : vivre seul pendant des années avec pour seule visite le bateau de ravitaillement, tous les 6 mois. Avec pour seule compagnie un phare qui guide des navires invisibles. L’ambiance solitaire et le sentiment d’apaisement que le phare apportent à Tom sont bien retranscrits et nous immergent dans un nouvel univers.

Les personnages principaux sont peu nombreux et leur personnalité est bien creusée. Ainsi, il est difficile de ne pas avoir de la sympathie pour Tom Sherbourne, qui malgré les atrocités de la guerre est resté un homme droit et bienveillant, dont seuls comptent pour lui le bonheur de sa famille et de mener à bien son rôle de gardien de phare. Deux aspirations qui vont former le dilemme cornélien dans lequel va le plonger la découverte du bébé venu de la mer. Isabel quant à elle est une jeune femme pleine de vie, un vrai soleil qui aime profondément son mari. Seulement, les fausses-couches à répétition entament irrémédiablement sa joie de vivre. L’arrivée du bébé est pour elle un signe de Dieu, la seule chance de sauver sa vie du malheur qui plane sur elle.

A partir de ce cadre sauvage et de ces personnages solitaires, H.L. Stedman nous offre un huis-clos où le bonheur que vivent Tom et Isabel est aussi intense que le remords et la culpabilité qui les hantent. L’histoire nous interpelle : qu’aurions-nous fait à leur place ? Pourtant, impossible d’être sévère envers des gens qui cherchent juste à aimer un enfant.

Amateurs de huis-clos, de phares du bout du monde ou de drames familiaux, Une vie entre deux océans vous plaira à coup sûr ! Le cadre est atypique, les personnages attachants et l’intrigue pleine de suspens et d’émotions fortes. Si le monde de la mer ne vous parle pas et que vous fuyez les dilemmes, vous risquez de ne pas accrocher. Et pourtant, pourquoi ne pas vous laisser tenter par cette histoire bouleversante ?

Auteur :

M.L. Stedman est née en Australie, mais vit à Londres depuis plusieurs années où elle exerce en tant qu’avocate. En 2007, elle décide de s’adonner à l’écriture créative, prend des cours et participe à des ateliers. Ce qui donnera des nouvelles qui seront publiées dans plusieurs  anthologies. Paru en 2012, Une vie entre deux océans est son premier roman, dont le cadre est directement inspiré de sa terre natale. Acclamé dans le monde entier, le livre est traduit en plus de 25 langues. L’histoire a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2016.

Le détail :

L’intrigue d’Une vie entre deux océans se déroule en deux endroits principaux. Tout d’abord à Point Partageuse, une île située au large de Perth et comptant une poignée d’habitants, l’équivalent d’une petite ville. L’autre endroit est bien sûr Janus Rock, dont le seul intérêt est le phare, guidant les bateaux à travers les récifs dangereux. Il s’avère que ces deux îles sont les fruits de l’imagination de l’auteur. M.L. Stedman a d’ailleurs visité plusieurs phares et fait de nombreuses recherches afin de mieux décrire le métier de gardien de phare.

La parenthèse :

L’Australie, en tant qu’état-membre du Commonwealth a payé un lourd tribut pour servir et défendre la couronne anglaise. Lors de la 1ère guerre mondiale. En tout, près de 420 000 hommes ont servi dans l’armée et près de 60 000 soldats ne revinrent jamais, fauchés sous le feu ennemi.

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