Zen City (Grégoire Hervier)

La société de consommation poussée à son paroxysme! 13/20

Le synopsis:

Suite à la perte de son emploi, Dominique Dubois saisi une opportunité l’invitant à travailler à Zen City, la « ville transparence » ultra moderne, et décrite comme un paradis pour jeune cadre, où l’accomplissement personnel et la sécurité règnent en maître. Mais le rêve va vite tourner au cauchemar…

La critique: 

Zen City est un livre qui va vous poser de nombreuses questions, et qui peut même s’avérer effrayant, car il aborde des thèmes qui nous touchent tous aujourd’hui : notre façon de consommer, l’ingérence des nouvelles technologies dans notre quotidien, mais aussi la gestion de nos relations sociales, amoureuses, professionnelles…

Nous sommes face à un mélange entre anticipation, enquête, infiltration et… tranche de vie. Car le roman connaît différentes narrations, et deux narrateurs : le premier est Dominique Dubois, le personnage principal, et nous raconte sa vie à Zen City dans un premier temps via les reproductions de son blog, et dans un second temps via celles de son journal intime. L’autre narrateur est un éditeur fictif. Il fait le lien entre les différents billets écrits par Dominique, en synthétise parfois le contenu, et nous informe de faits extérieurs ou postérieurs. Cette narration a le mérite d’être originale mais elle ne rythme pas le récit de façon agréable. On passe de moment parfaitement insignifiants, à des éléments d’intrigues très importants (le meurtre d’une collègue de travail par exemple). Eléments qui finalement ne sont presque plus évoqués par la suite.

Le ton employé dans les articles du blog se veut humoristique, tout comme les commentaires reproduits dans le livre, avec des caricatures des internautes écrivant en langage sms, par exemple. Concernant Dominique Dubois, le personnage principal, il nous est décrit, et se décrit lui même, comme quelqu’un de moyen et de parfaitement dans la norme. Et ce, de façon presque anormale. Vu sa banalité, l’identification à ce personnage devrait être facile et pourtant il n’en est rien. Il s’avère en fait très peu attachant et plutôt pathétique. De plus, l’évolution de ce personnage manque de cohérence (comment est-il passé d’un banal employé de bureau à un agent double paré pour l’infiltration ?). Les personnages secondaires ne sont pas plus intéressants.

Finalement, l’intérêt principal du roman réside dans les thèmes abordés, cités plus haut, et dans la découverte de Zen City. La technologie règne partout. La logique de la société de consommation atteint ainsi son paroxysme. Et les détails qui nous sont offerts sont tout bonnement effrayants. Car finalement, c’est ce vers quoi nous tendons aujourd’hui. De fait, si la logique de « mécanique folle » est, certes, exagérée, certains chapitres, nous font nous poser des questions et peuvent devenir carrément oppressants ! En revanche, autre bémol : le dénouement nous laisse un peu sur notre faim.

En bref, des personnages passables et une intrigue qui connaît des haut et des bas, mais une bonne surprise, abordant des thèmes très intéressants avec un style fluide. On passe un bon moment, et en même temps, on réfléchit… 

L’auteur: 

Grégoire Hervier est un auteur français né en 1977, dans le Val-de-Marne. Après s’être intéressé au cinéma et à la musique, il se lance dans l’écriture. Avec la sortie de Scream Test en 2003, sur le monde impitoyable de la téléréalité, il obtiendra notamment le prix Polar Derrière les murs et le Prix Méditerranée des Lycéens. Zen city (Au diable vauvert) est son second roman, sorti en 2009.

Le détail: 

La technologie RFID , décrite dans le roman de Hervier, n’est pas une invention de sa part : elle existe réellement. Il s’agit de petits objets telles que des puces électroniques ou des étiquettes autoadhésives. Elles permettent ainsi d’identifier des objets, des animaux , mais aussi des personnes, en étant intégré dans des passeports ou des cartes de crédits par exemple.

La parenthèse:

Un autre roman reprend des problématiques similaires, celles des dérives de la société de consommation mais aussi – et surtout – celle de la démocratie, poussée à son paroxysme. La dystopie, Globalia, de Jean Christophe Ruffin. En quelques sortes plus éloignées de nous que Zen City, mais, au final, tout aussi effrayante!

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